De l'échec à la réussite

De l'échec à la réussite

 Une vérité que personne n'ose formuler

Il y a dans toute salle d'examen deux catégories invisibles de candidats. Ceux qui espèrent réussir. Et ceux qui ont déjà décidé, au fond d'eux-mêmes, qu'ils vont échouer, parce qu'ils ont déjà échoué avant, parce qu'on leur a dit qu'ils n'étaient pas faits pour les études, ou simplement parce que la peur a fini par se substituer à la confiance.
C'est à ces deux catégories que s'adresse cet enseignement. Aux premiers, pour les aider à consolider leur chemin. Aux seconds pour leur dire une chose que personne ne dit assez clairement : l'échec n'est pas une condamnation. C'est une étape.
Winston Churchill l'a formulé avec la précision d'un homme qui a tout perdu plusieurs fois avant de tout gagner : « Le succès n'est pas définitif, l'échec n'est pas fatal : c'est le courage de continuer qui compte. »

Pourquoi échoue-t-on ? Les vraies causes

Avant de parler de remèdes, il faut avoir le courage de nommer les causes. Non pour humilier, mais pour éclairer, parce qu'un problème bien identifié est déjà à moitié résolu.
Le manque de travail personnel est la première cause, et la plus honnête à admettre. Aucun élève ne réussit durablement sans effort. La tendance à remettre au lendemain est l'une des formes les plus douces et les plus dévastatrices d'auto-sabotage. Ce que l'on ne prépare pas aujourd'hui devient une difficulté demain.
La mauvaise gestion du temps vient ensuite. Le temps est le même pour tous — vingt-quatre heures, pas une de plus. Ce qui diffère, c'est l'usage qu'on en fait. Chaque heure passée à se distraire sans modération est une heure de préparation perdue et le jour de l'examen, on ne peut pas les récupérer.
Le manque de confiance en soi est peut-être la cause la plus silencieuse et la plus redoutable. Certains candidats se condamnent avant même d'avoir composé : je ne suis pas intelligent, les autres sont meilleurs, je n'y arriverai jamais. Ces pensées ne sont pas de l'humilité, ce sont des mensonges. Et la première personne qui doit croire en votre réussite, c'est vous-même.
Les mauvaises fréquentations agissent comme un courant souterrain : lent, invisible, mais puissant. Un entourage qui décourage le travail, valorise la paresse et banalise l'échec finit par modeler les habitudes sans qu'on s'en rende compte. Choisissez vos proches comme vous choisiriez vos professeurs.
La peur et le stress excessifs, enfin bloquent la mémoire, réduisent la concentration et transforment des candidats préparés en candidats paralysés. Le stress utile motive. Le stress excessif détruit.

Ce que l'échec fait à un être humain

L'échec a un goût que ceux qui l'ont vécu reconnaissent immédiatement. La déception personnelle d'abord, puis la perte de confiance, cette voix intérieure qui commence à murmurer tu vois, tu n'es pas capable. Aussi le retard dans le parcours :  une année à reprendre, un rêve décalé. Et parfois, le pire : l'abandon. Le moment où l'on décide que ce n'est pas pour soi, que ce n'était pas la peine d'essayer.
Mais voici ce que l'on oublie toujours de dire : l'échec n'est pas la fin du chemin. C'est un virage. Un virage douloureux, certes. Mais un virage, pas un mur.

Le chemin concret de l'échec vers la réussite

Acceptez vos erreurs. Non pas pour vous y complaire, mais pour en tirer la leçon qu'elles portent. Un échec non analysé se répète. Un échec compris devient un tremplin.
Changez vos habitudes. Si une méthode n'a pas fonctionné, il faut avoir le courage, et oui, c'est du courage, d'en adopter une autre. Continuer à faire la même chose en espérant un résultat différent n'est pas de la persévérance, c'est de l'entêtement.
Travaillez avec régularité plutôt qu'avec intensité ponctuelle. Deux heures de travail sérieux chaque jour valent infiniment mieux que douze heures épuisantes une fois par semaine. Le cerveau apprend dans la répétition, pas dans le marathon.
Cultivez la confiance en vous. Elle ne tombe pas du ciel, elle se construit dans la préparation. Chaque leçon révisée, chaque exercice réussi, chaque effort fourni est une brique de confiance posée. Construisez méthodiquement.
Persévérez. C'est le mot le plus simple et le plus exigeant de tous. Les personnes qui réussissent ne sont pas celles qui n'ont jamais chuté, ce sont celles qui se sont relevées une fois de plus qu'elles ne sont tombées.

Avant, pendant et après l'épreuve : les précautions qui changent tout

Avant : établissez un emploi du temps réaliste. Révisez régulièrement. Faites des exercices pratiques sur d'anciens sujets. Posez vos questions aux enseignants, ils sont là pour ça. Dormez suffisamment. Éloignez-vous des distractions dans les dernières semaines.
Pendant : arrivez à l'heure, le retard crée une panique inutile dès le départ. Lisez attentivement toutes les consignes avant d'écrire une seule ligne. Gérez votre temps par épreuve. Commencez par ce que vous maîtrisez, cela installe la confiance pour la suite. Relisez votre copie.
Après chaque épreuve : n'analysez pas immédiatement vos réponses avec vos camarades. Cette habitude, presque universelle, est presque universellement néfaste. Elle génère une anxiété inutile sur une épreuve déjà rendue, et perturbe la concentration pour la suivante. Regardez devant, pas derrière.

Foi et travail : les deux jambes de la réussite

La foi ne remplace pas le travail. Elle lui donne son souffle, sa profondeur, son sens. Prier avant de travailler dispose l'esprit à la grâce. Travailler après avoir prié honore cette grâce reçue. Les moines bénédictins l'ont formulé il y a quinze siècles avec une économie de mots remarquable : Ora et Labora (prie et travaille). Deux jambes. Ni l'une sans l'autre.

Ce que vous retenez

1.    L'échec n'est pas une condamnation — c'est une étape, un virage, une leçon.
2.    Ses causes sont identifiables : manque de travail, mauvaise gestion du temps, manque de confiance, mauvaises fréquentations, stress excessif.
3.    Le chemin vers la réussite passe par l'acceptation, le changement d'habitudes, la régularité et la persévérance.
4.    Avant, pendant et après l'épreuve : chaque moment a ses précautions spécifiques.
5.    Foi et travail ne s'opposent pas : ils se complètent. Ora et Labora.

Le message direct aux candidats

Vous êtes plus forts que vos peurs. Plus grands que vos difficultés. Plus capables que vous ne le croyez. Ne laissez jamais un mauvais résultat définir votre valeur. Répétez chaque matin, avant d'ouvrir le premier cahier : Je vais donner le meilleur de moi-même. Je suis capable. Je suis préparé. Je réussirai par mon travail, ma persévérance et la grâce de Dieu.
Ce n'est pas une formule magique. C'est une décision. Et la réussite commence toujours par une décision.

Auteur : Jean Norbert